
p. iv.
Au fond d’un cabinet, décoré dans le goût le plus moderne, c’est-à-dire, avec des meubles du stile le plus antique, se trouve un corps de bibliothèque, sur les tablettes duquel on aperçoit, au lieu de livres, toute espèce de provisions alimentaire, parmi lesquelles on distingue un cochon de lait, des pâtés de diverses sortes, d’énormes cervelas, et autres menues friandises, accompagnées d’un bon nombre de bouteilles de vin, de liqueurs, bocaux de fruits confits et à l’eau-de-vie, etc.
Du plafond pend, en guise de lanterne, un monstrueux jambon de Bayonne.
Sur le devant de la scène est une table chargée de mets recherchés, servie pour plus de quinze personnes, et sur laquelle on voit seulement deux couverts.
Un buffet, sur lequel est le second service, et une servante placée entre les deux sièges, annonçent que ce dîner solitaire ne sera troublé par la présence d’aucun domestique.
On lit au bas de l’Estampe :
La bibliothèque d’un Gourmand au XIXe. siècle.